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Retour au blog Droit à l'image des artistes dans une captation de spectacle vivant - Davidéo

Droit à l'image des artistes : l'autorisation à ne pas oublier avant de diffuser votre captation

Vous avez réglé la question de la musique, votre teaser est prêt, et pourtant un mail arrive d'une des interprètes de la compagnie : elle n'a jamais signé d'autorisation pour que son image circule sur Instagram ou YouTube. Ce scénario, je l'ai vu se produire plus d'une fois, souvent dans des compagnies pourtant très rigoureuses sur le reste de leur communication. Le droit à l'image des artistes-interprètes est un sujet distinct des droits musicaux, et il se prépare tout aussi en amont.

Je ne suis pas juriste et cet article ne remplace pas un conseil spécialisé en droit du spectacle. Mais après des années à filmer des danseuses, danseurs, comédiennes, comédiens et circassiens pour des compagnies en Occitanie, j'ai vu quels réflexes évitent les blocages de dernière minute, et je vous les partage ici.

Un artiste sur scène a un droit sur son image, distinct de son cachet

Signer un contrat pour interpréter un spectacle ne signifie pas automatiquement autoriser la diffusion de son image filmée. En droit français, toute personne, y compris un artiste-interprète rémunéré pour sa prestation scénique, dispose d'un droit sur l'utilisation de son image. Ce droit est distinct du cachet de représentation : il concerne spécifiquement la fixation et la diffusion de son image sur un support vidéo, et son usage ultérieur en ligne ou dans un dossier de diffusion.

Dans les faits, beaucoup de compagnies partent du principe implicite que "puisqu'il joue dans le spectacle, il est d'accord pour la vidéo". C'est un raccourci qui peut créer des tensions, voire des litiges, si la question n'a jamais été formalisée avec l'interprète concerné.

L'autorisation de captation et de diffusion : le document qui protège tout le monde

La solution est simple sur le papier : faire signer à chaque interprète, avant le tournage, une autorisation de captation et de diffusion de son image. Ce document précise l'usage prévu (dossier de diffusion, réseaux sociaux, site internet, presse), la durée d'exploitation, et les supports concernés. Il protège la compagnie juridiquement, et il protège aussi l'interprète, qui sait exactement où et comment son image va circuler.

Ce document est généralement préparé par la compagnie ou sa structure de production, pas par le vidéaste. Mon rôle est d'alerter sur ce point avant le tournage et de m'assurer, dans la mesure du possible, que la question a bien été anticipée avec toute l'équipe artistique présente sur scène ce soir-là.

Cas particuliers : intermittents, invités, amateurs, enfants sur scène

Certaines situations demandent une attention renforcée. Une ou un artiste invité pour une seule date, une distribution qui change en cours de tournée, un plateau composé en partie d'amateurs dans une création participative, ou des enfants sur scène dans un spectacle jeune public : dans tous ces cas, l'autorisation doit être vérifiée pour chaque personne filmée, et pas seulement pour la distribution "titulaire" du spectacle. Pour les mineurs, l'autorisation doit être signée par les représentants légaux, avec une vigilance particulière sur la diffusion publique en ligne.

Je recommande aux compagnies de tenir une liste à jour des autorisations obtenues, spectacle par spectacle et distribution par distribution, plutôt que de considérer qu'une autorisation signée une fois vaut pour toutes les dates et tous les interprètes à venir.

Point de vue Davidéo

Avant chaque captation, je demande systématiquement à la compagnie où en sont les autorisations d'image de la distribution. Ce n'est pas de la méfiance, c'est un réflexe professionnel qui évite qu'un beau teaser reste bloqué dans un tiroir parce qu'un interprète n'a jamais donné son accord écrit pour la diffusion.

Que faire si un interprète refuse ou quitte la compagnie après le tournage

Un refus, même tardif, doit être respecté : une captation ou un teaser ne peut pas continuer à diffuser l'image d'une personne qui a retiré son consentement. Concrètement, cela peut obliger à remonter la vidéo en floutant certains plans, en les recadrant, ou en les supprimant. C'est une contrainte que j'ai déjà rencontrée, notamment lorsqu'une ou un interprète quitte une compagnie dans un contexte tendu après le tournage. Plus l'autorisation a été formalisée clairement en amont, plus ce type de situation reste rare et simple à gérer.

Pour les captations à visée d'archive interne, sans diffusion publique, le niveau de risque est réduit, mais je recommande quand même d'informer les interprètes que la représentation est filmée et dans quel but, par simple respect professionnel autant que par prudence juridique.

Ce que je recommande concrètement

Traitez l'autorisation d'image comme une pièce administrative du dossier de production, au même titre qu'un contrat de cession ou une déclaration d'intermittence : à préparer avant la première, pas après le montage. Prévoyez un modèle type que vous réutilisez à chaque création, avec les usages prévus clairement listés. Et s'il y a le moindre doute sur un cas particulier, un conseil juridique spécialisé spectacle vivant reste la ressource la plus fiable.

Vous préparez une captation et vous avez des questions sur les autorisations à obtenir avant le tournage ? Parlons-en.