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Comment réussir un teaser vidéo pour les programmatrices et programmateurs : ce qu'ils cherchent vraiment

Vous avez passé des mois à créer votre spectacle. Il tourne en résidence, les retours sont excellents. Reste un obstacle de taille : convaincre une programmatrice ou un programmateur de vous accorder une case dans sa saison, souvent sans avoir vu le spectacle en vrai. C'est là que votre teaser vidéo devient votre premier contact, votre poignée de main, votre carte de visite artistique. Mais un teaser qui plaît au public ne ressemble pas forcément à celui qui convainc un directeur de salle ou un délégué de festival. Voici ce qu'il faut vraiment comprendre.

Une programmatrice ou un programmateur ne regarde pas un teaser comme une spectatrice ou un spectateur

La première erreur des compagnies est de fabriquer un teaser émotionnel, elliptique, mystérieux, pensé pour donner envie à un futur spectateur. Ce format, légitime pour les réseaux sociaux ou la billetterie grand public, laisse souvent une programmatrice ou un programmateur sur sa faim.

Une programmatrice ou un programmateur visionne entre 50 et 200 projets par an. Il regarde votre teaser avec des questions très concrètes en tête : Quel est le propos ? Combien de personnes sur scène ? Quel espace de jeu est nécessaire ? Quel public cette compagnie vise-t-elle ? Est-ce compatible avec ma jauge, mon territoire, ma ligne artistique ?

Autrement dit, un teaser de diffusion B2B doit répondre à des questions logistiques autant qu'artistiques, sans pour autant sacrifier l'émotion ni le style.

Les 4 éléments que votre teaser doit montrer en moins de 2 minutes

  1. L'univers artistique, immédiatement lisible. Les premières secondes sont décisives. La programmatrice ou le programmateur doit comprendre dès l'ouverture dans quel registre il se trouve : danse contemporaine, théâtre de texte, cirque physique, spectacle musical… Une image forte, un choix de montage cohérent, un son identitaire, pas d'ambiguïté.
  2. Les corps et l'espace de jeu. Montrez le plateau dans son ensemble au moins une fois. Combien de comédiens, danseurs, acrobates ? Quelle emprise scénique ? Ces plans larges ont une valeur d'information directe pour une programmatrice ou un programmateur qui gère une salle avec des contraintes techniques précises.
  3. La nature du propos sans tout révéler. On ne fait pas un résumé, mais on donne un fil. Une phrase de l'auteur, une intention de mise en scène, un titre d'extrait de presse, pas pour "expliquer" l'art, mais pour contextualiser sans noyer. Moins de 10 secondes suffisent.
  4. La qualité technique du spectacle lui-même. Un mauvais son sur un extrait vidéo, même léger, envoie un signal négatif sur la maîtrise technique de la compagnie. C'est paradoxal, mais vrai : la qualité de la captation est perçue comme un reflet de la qualité artistique. Un son propre, une image stable et lisible, même sur une petite scène en répétition, rassure infiniment plus qu'un rush mal mixé dans une grande salle.

La structure qui fonctionne : un teaser de diffusion en 3 temps

Après avoir travaillé avec de nombreuses compagnies en Occitanie et ailleurs, voici la structure qui revient le plus souvent dans les teasers de diffusion efficaces :

  • 0 à 20 secondes : accroche visuelle et sonore forte, une image de scène habitée, un son puissant ou un silence chargé. On entre dans l'univers sans introduction inutile.
  • 20 à 90 secondes : le cœur du spectacle, alternance de plans larges (espace, dispositif) et de plans serrés (intensité, interprètes). Montage rythmé mais lisible. On montre, on ne raconte pas.
  • 90 à 120 secondes : sortie mémorable + éléments contextuels discrets (nom de la compagnie, titre du spectacle, contact, durée). Une programmatrice ou un programmateur qui a aimé doit pouvoir retrouver votre contact en 3 secondes.

Ce cadre n'est pas une règle absolue, chaque spectacle a sa propre logique. Mais il constitue un point de départ sûr, testé dans des contextes de prospection réels.

Le son : le grand oublié des teasers de spectacle vivant

C'est le point sur lequel j'insiste le plus avec les compagnies, et c'est souvent celui qui crée le plus de surprise. On investit dans un bon caméraman, dans un montage soigné, et on néglige le son de la captation, capturé avec le micro interne de la caméra ou un enregistreur posé au mauvais endroit.

Or le son EST le spectacle vivant. En théâtre, en danse contemporaine avec création sonore, en musique bien sûr, ce que la programmatrice ou le programmateur entend conditionne autant son ressenti que ce qu'il voit. Une voix de comédien bien captée, une ambiance sonore de scène qui respire, une musique enregistrée depuis le bon endroit de la salle : ces détails changent tout à l'impression générale.

C'est précisément pour cela que mon background technicien son/lumière, avant de devenir vidéaste, change la façon dont j'aborde chaque captation. Je sais placer un micro, je sais où s'asseoir dans une salle pour capter le bon équilibre, je sais dialoguer avec le régisseur son d'une compagnie. Cette double compétence est rare, et elle se voit dans le résultat.

Point de vue Davidéo

J'ai assisté à des répétitions où la compagnie me disait : "On a déjà des rushs, tu peux monter à partir de ça ?" Chaque fois que j'ai accepté de travailler avec du matériel existant, le résultat était techniquement correct mais émotionnellement plat. Un teaser de diffusion se prépare en amont, avec une stratégie de plans définie, un son pensé dès le départ. Ce n'est pas un montage de ce qui reste, c'est un film en soi.

Teaser B2B ou teaser grand public : faut-il vraiment choisir ?

Idéalement, une compagnie devrait disposer de deux formats distincts : un teaser de diffusion (2 minutes max, pensé pour les programmatrices et programmateurs) et un teaser grand public (plus court, plus émotionnel, taillé pour les réseaux sociaux et la billetterie). Ces deux objets ne s'adressent pas au même interlocuteur et ne jouent pas le même rôle dans votre stratégie de communication.

En pratique, avec une seule journée de captation bien menée, il est tout à fait possible de produire les deux, à condition que le tournage ait été pensé pour ça dès le départ. C'est l'approche que je propose systématiquement : un brief en amont, des plans organisés pour servir les deux usages, un montage livré en deux versions.

Conclusion, Votre teaser, votre premier rendez-vous

Une programmatrice ou un programmateur qui regarde votre teaser vous accorde 2 minutes de son attention. Ces 2 minutes valent autant qu'une réunion de présentation. Elles doivent lui donner une vision claire de votre univers, une envie de vous rencontrer, et suffisamment d'informations concrètes pour imaginer votre spectacle dans sa programmation.

Réussir ce format ne s'improvise pas, mais ce n'est pas non plus hors de portée d'une petite compagnie qui sait à qui s'adresser.

Basé dans le Tarn, j'interviens sur toute l'Occitanie et en France entière pour les captations et teasers de spectacle vivant. Si vous préparez votre prochaine diffusion et que votre vidéo ne reflète pas encore ce que votre spectacle mérite, contactez-moi, on commence par en parler.

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